Interview de Charlotte Orcival, l’adolescence avec un grand A !

Interview de Charlotte Orcival, l’adolescence avec un grand A !

Il y a quelques semaines, je vous parlais du coup de cœur que j’ai eu pour un premier roman auto-édité : Forever Young. Son auteure Charlotte Orcival a accepté de répondre à quelques-unes de mes questions et je suis ravie aujourd’hui de partager cette interview avec vous 🙂 J’espère qu’elle vous donnera envie de découvrir la magnifique plume de Charlotte, de rencontrer Anna et Julien et de replonger avec eux dans cette période incroyable qu’est l’adolescence…

– Peux-tu nous raconter comment est né Forever Young, ton premier roman ?

Il est né d’une obsession !  Il y a quelque temps, je me suis posée beaucoup de questions sur la vie en général et la mienne en particulier. Et le chemin qui avait été le mien. Et ce qui me posait beaucoup question, c’était ce qui me reliait encore à l’ado que j’avais été. Quelle avait été ma fidélité par rapport à elle ? A quel moment, j’avais divergé ?  Et j’ai décidé d’en faire une histoire. De mettre mon envie d’écrire au service de ce sujet : l’adolescence avec un grand A.  J’étais en vacances, j’avais enfin du temps devant moi et je m’y suis mise.

– Forever Young semble être bercé de nostalgie pour une époque (les années 80), un âge de la vie (l’adolescence), un lieu (la Bretagne)… En quoi ce thème est-il important pour toi ?

Je ne sais pas s’il s’agit de nostalgie car au fond, j’ai détesté les années 80 de mille façons ! Les fringues étaient abominables, les codes sociaux encore un peu figés à mes yeux… Mais voilà, si je voulais être dans le vrai ou tenter de m’en approcher, j’ai décidé de les utiliser, ces années, car elles ont été les miennes quand j’étais ado.  La Bretagne, c’était un vrai choix esthétique en revanche. Je savais d’emblée que le lieu apporterait à mon histoire la dose suffisante d’exotisme et de poésie nécessaires à de belles histoires. Dans le livre, j’ai cherché à mettre en scène la Bretagne de tous les jours. Celle de toutes les saisons aussi. Pas la version guide touristique. Et comme je pratique cette région depuis toujours, j’ai puisé en moi facilement même si je n’ai jamais vécu là-bas… Quant à la question de l’adolescence, centrale en effet, je voulais m’y appesantir pour essayer de disséquer avec bienveillance toutes les premières fois auxquelles fait face une jeune fille, en se croyant seule au monde à ressentir ce qu’elle ressent.

– Regrettes-tu parfois cette période riche en premières fois ?

Oh non… Pas du tout !  J’ai l’impression qu’aujourd’hui, je suis encore une ado dans ma tête, face à la découverte de milles nouvelles choses mais avec une carte bleue et une grande liberté de faits et gestes. C’est vraiment mieux !

– Adolescente, as-tu vécu une histoire aussi “montagnes russes” que celle d’Anna et Julien ?

Je crois que je n’ai vécu que des histoires comme ça ! Je croyais qu’aimer, c’était ça. Les montagnes russes, c’est quand vous ne savez pas très bien qui vous êtes et que l’autre est finalement aussi lost in translation que vous.  Et puis un jour, vous rencontrez quelqu’un avec qui un autre modèle de relation s’impose. Et c’est bien mieux !

– Du coup, ressembles-tu à Anna ? A un autre personnage ?

Je crois qu’Anna est un archétype. Celui de l’adolescente de 13 ans, aussi arrogante que perdue, aussi jolie que laide, aussi intelligente que naïve.  Je me dis cela car j’ai eu beaucoup de retours de lectrices qui m’ont dit que ce personnage leur ressemblait beaucoup. Et il ne peut ressembler à beaucoup de personnes différentes que s’il porte en lui des traits représentatifs.  Bon, d’un autre côté, j’ai mis une part de moi dans Anna, c’est évident : mes obsessions musicales, mes origines floues, les souvenirs de mes réactions…

– La musique est une passion qui va sceller la relation d’Anna et Julien… Pourquoi cet art plutôt qu’un autre ?

La musique a joué un rôle déterminant dans ma connexion aux autres et je crois que c’est le cas de beaucoup d’adolescents. La musique, c’est l’art des adolescents… JD Beauvallet, qui est un journaliste musical que j’apprécie beaucoup et fondateur du magazine Les Inrockuptibles, m’a écrit après avoir lu Forever Young : « Fini le livre, avec cet effroi remonté de cette période charnière où les années durent dix ans à l’échelle de la vie adulte. J’avais oublié (non, en fait) à quel point j’avais été terrorisé par ce cirque social, par ces cruels jeux de rôles, par l’incompréhension absolue des mécaniques adolescentes. Du coup, mes meilleurs amis étaient des disques. » Cela résume parfaitement ce que je cherchais à dire, avec cette obsession de la musique. Dans l’histoire, au démarrage, les meilleurs amis d’Anna sont des disques et grâce à eux, elle s’autorise à penser que Julien la comprend puisqu’il a les mêmes goûts qu’elle.  La musique joue le rôle de passerelle entre eux deux.  Ils les utilisent pour se dire ce qu’ils ne savent pas se dire.

– Comment t’es venue l’envie d’écrire ?

Elle n’est pas venue un jour précis. Je l’ai toujours fait.  Et d’ailleurs, ce n’était probablement pas une envie mais un besoin. Je lisais beaucoup, j’écrivais un peu et c’est toujours le cas. Mais maintenant, il m’arrive d’écrire plus que je ne lis !

– Pourquoi as-tu choisi d’écrire sous pseudonyme ? A-t-il une signification particulière ?

J’ai préféré un pseudonyme car avant toute chose, je n’étais pas sûre de pouvoir assumer la publication de mon livre. Et si tout le monde le trouvait nul  ? Bref, niveau confiance en moi… c’était pas top.  Et puis comme j’ai un boulot qui n’a rien à voir, ça me permet de garder une frontière entre mes deux activités. Et oui, ce pseudo a une signification. Le prénom, c’est celui de ma grand-mère maternelle, une femme assez dingue pour son temps, très libre, indépendante, extrêmement intelligente et qui écrivait dans son coin. Orcival, c’est l’idée de mon mari. Je cherchais, je cherchais et il m’a dit : « Pourquoi pas Orcival ? » C’était un mot de passe que j’utilisais depuis des années sur mon ordinateur, né d’un voyage en Auvergnat (Orcival est un village du Puy-de-Dôme) et d’une passion pour un chanteur auvergnat Jean-Louis Murat (la musique, toujours !).

– Pour quelles raisons t’es tu tournée vers l’auto-édition ?

La liberté de se lancer sans intermédiaire. L’espoir d’avoir des retours de lecteurs et des bons si possible. La possibilité de faire tout dans mon coin en catimini.

– Ton roman rencontre un joli succès… As-tu envie de lui faire suivre une voie plus “traditionnelle” maintenant ?

Oui, j’aimerais beaucoup obtenir les faveurs d’une maison d’édition traditionnelle pour toucher plus de lecteurs grâce à une plus grande distribution du livre tout simplement mais aussi pour avoir les services de professionnels.

– Tu es en train d’écrire ton 2ème roman. Peux-tu nous en parler un peu ?

Je le peux car je me suis enfin mise à travailler sérieusement et surtout avec motivation. Pendant plusieurs mois, j’avais envie de m’y remettre car l’écriture me manquait mais j’étais occupée à faire connaître Forever Young et le marketing, la communication, ça prend du temps. Mais maintenant, je suis à nouveau en train de phosphorer dans tous les sens et j’adore cela même si je suis aussi en plein doute sur l’histoire que j’ai choisie de raconter. Quelques indices : cela se passe en 2001/2002.  Nous sommes entrés de plein fouet dans une nouvelle époque et les personnages de mon histoire essaient de mener leur barque dans ce grand bordel qu’est le monde.  Et il y a beaucoup, beaucoup d’amour dedans. Parce que l’amour c’est quand même une valeur sûre, non ?

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