Interview de Nadine Grandeau, romancière passionnée

Suite à la lecture du roman A pas feutrés, j’ai eu la chance de pouvoir en discuter avec son auteur, Nadine Grandeau. Compte-rendu d’une rencontre au cours de laquelle de nombreux thèmes ont été évoqués…

Comment décririez-vous Léa et Démonette ?

Léa, le personnage principal d’A pas feutrés, est une femme atypique, de par sa maigreur, mais aussi à cause d’un parcours sentimental chaotique, marqué par une histoire fusionnelle avec un ébéniste très cultivé. C’est un personnage solitaire, malmené par la vie, un peu border line mais qui a de léa et démonette l’or entre les doigts. Elle a beaucoup de talent, d’idées, d’énergie et de force pour créer ses accessoires en laine feutrée.

A la mort de son compagnon, elle adopte une chatte noire, Démonette, qui devient son garde-fou, un porte-bonheur puisque c’est elle qui va maintenir Léa en vie. Comme souvent, s’occuper d’un animal permet de lutter contre le dépression ou l’isolement. En travaillant dans le monde de la création et de l’artisanat, Léa entretient des liens avec d’autres femmes, notamment avec Léonie avec qui elle partage une certaine complicité, mais elle a surtout envie d’aller vers les hommes.

Suite à son inscription sur Meetic, Léa fait plusieurs rencontres. Ce qui est frappant, c’est que ces hommes sont bien décrits, mais ne sont pas nommés…

C’est exact, je n’ai pas voulu leur donner de nom. Ces hommes sont importants pour ce qu’ils représentent, pour leur univers, mais ils n’ont pas besoin de nom car ils ne vont pas rester. Chacun d’entre eux représente une étape.

Pourquoi avoir choisi la laine feutrée comme activité ?

C’est un métier de la laine qui reste méconnu. On voit souvent du tricot ou du crochet, tandis que la laine feutrée est atypique, comme Léa. C’est une activité excessivement physique et technique, qui permet d’aborder la couleur et de réaliser de très belles choses très proches de l’art. Chaque pièce est unique. J’ai rencontré une feutrière tellement passionnée que cette activité s’est imposée pour ce roman-là.

Votre livre est parsemé de références littéraires, philosophiques, mythologiques…

Ces références viennent de ma culture générale : j’ai été professeur d’allemand, j’ai donc engrangé pas mal de connaissances. Cela vient aussi de rencontres avec des amis, des amants qui étaient très cultivés. C’est une caractéristique que l’on retrouve chez Léa, qui a besoin d’admirer pour aimer. Tout comme le travail de la laine feutrée, ces références me permettent d’amener le lecteur dans différents univers, de lui ouvrir des portes…

nadine grandeau

Ce livre est-il porteur d’un message ?

Oui : la curiosité que l’on porte au monde peut se trouver entamée face au deuil et à la maladie, mais si on a une passion quelle qu’elle soit (les animaux, le sport, l’artisanat…), il ne faut pas la lâcher, car c’est le fil qui nous relie à la vie. J’ai abordé plusieurs thèmes dans ce roman : comment survivre aux accidents de la vie, et comment faire des rencontres quand on travaille chez soi ou dans un univers féminin. Les rencontres sont importantes mais il faut aussi faire confiance au hasard.

Comment s’est déroulée votre collaboration avec Arthenice, qui a illustré ce roman ?

Quand j’ai recueilli mon chat, j’ai tout de suite envoyé des photos à Arthenice, qui est peintre à Toulouse… comme Léonie. Elle s’en est inspirée pour réaliser une série de croquis. Je les ai ensuite envoyés à mon éditeur, François Mocaër, qui a été séduit par notre collaboration. Les dessins d’Arthenice ont ainsi trouvé leur place, en couverture et au fil des pages. J’aime bien cette alliance de l’art et de la littérature.

 

Crédits photos : Arthenice, Veronick Bournel.

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