La colline aux esclaves, Kathleen Grissom

La colline aux esclaves, Kathleen Grissom

L’histoire

En 1791, Lavinia perd ses parents au cours de la traversée les emmenant en Amérique. Devenue la propriété du capitaine du navire, elle est envoyée sur sa plantation et placée sous la responsabilité d’une jeune métisse, Belle. Mais c’est Mama Mae, une femme généreuse et courageuse, qui prendra la fillette sous son aile. Car Belle a bien d’autres soucis : cachant le secret de ses origines, elle vit sans cesse sous la menace de la maîtresse du domaine. Écartelée entre deux mondes, témoin des crimes incessants commis envers les esclaves, Lavinia parviendra-t-elle à trouver sa place ? Car si la fillette fait de la communauté noire sa famille, sa couleur de peau lui réserve une autre destinée.

Mon avis

Il s’agit de ma toute première lecture en tant que Lectrice Charleston 2015 et pour faire simple, j’ai été conquise. Ce qui laisse présager de belles découvertes pour la suite de cette odyssée littéraire !

Je tiens à préciser que j’ai lu “La colline aux esclaves” en essayant de ne pas trop penser à “Autant en emporte le vent”, car ces romans présentent quelques similitudes (une plantation avant la guerre de Sécession, une héroïne d’origine irlandaise, une mama adorable dans la lignée de celle de Scarlett O’Hara…). Et j’ai bien fait car si cette histoire ne possède pas le souffle épique du chef d’œuvre de Margaret Mitchell, elle possède de nombreux atouts.

Déjà, c’est à mon avis un roman historique qui remplit son contrat : une fois commencé, il est presque impossible de le lâcher ! Kathleen Grissom nous livre une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres – Mama Mae, papa George, Belle, Dory, Ben… et même le capitaine et Mme Martha dans une certaine mesure – d’autres carrément odieux (je vous parle de Marshall, de son tuteur ou encore de Rankin ? Non, vous les détesterez bien assez tôt !)

Les deux familles – celle de la “grande maison” et celle des esclaves – ne cessent de voir leurs destins se croiser, et l’on découvre le quotidien de la plantation en même temps que des secrets bien gardés et un bon nombre de tragédies personnelles.

Kathleen Grissom possède une jolie plume, mais ce n’est pas pour cela qu’elle fait dans la dentelle : la cruauté et la violence ont leur place dans ce roman qui cherche avant tout à rendre hommage aux victimes de l’esclavage, et elle le fait avec beaucoup d’émotion que l’on ne peut que partager.

Je reprocherai juste certaines longueurs dans le récit (l’alternance des points de vue de Lavinia et Belle n’est pas toujours justifiée) alors que la fin est très rapide. Et j’aurais aussi aimé que les personnages soient un peu moins manichéens… Mais d’une manière générale, j’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a embarqué pendant de belles heures de lecture.

La colline aux esclaves, de Kathleen Grissom, Éditions Charleston, 432 pages, 22,50 €. Parution prévue le 13 janvier 2015.

Vous aimerez peut-être...

8 Replies to “La colline aux esclaves, Kathleen Grissom”

  1. Je vois que je ne suis pas la seule à avoir dévorer cette première lecture Charleston 🙂 Tu as tout à fait raison dans tes deux derniers paragraphe. Moi aussi je trouve que la fin a été un peu bâclée mais l’auteur a tout de même une très jolie plume!
    A bientôt pour la prochaine lecture 🙂

    1. Oui, je pense qu’il y a matière à faire une suite, c’est d’ailleurs une des questions que j’ai proposé pour l’interview de l’auteur 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Wordpress snowstorm powered by nksnow