Une saison à Longbourn, Jo Baker

Une saison à Longbourn, Jo Baker

L’histoire

Sur le domaine de Longbourn, vivent Mr et Mrs Bennet et leurs vénérables filles, en âge de se marier.
À l’étage inférieur veillent les domestiques. Personnages fantomatiques dans le célèbre roman de Jane Austen, Orgueil et préjugés, ils deviennent ici des êtres de chair et de sang qui, du matin au soir, astiquent, frottent, pétrissent et vivent au rythme des exigences et des aventures de leurs bien-aimés patrons. Mais ce que les domestiques font dans la cuisine, sans être observés, pendant qu’Elizabeth et Darcy tombent amoureux à l’étage, relève d’eux seuls… Une histoire d’amour peut en cacher une autre, et qui sait quel secret enfoui risque de ressurgir.

Mon avis

J’ai entendu parler de ce roman comme d’un croisement entre Orgueil et Préjugés et Downton Abbey… et c’est tout à fait ça ! Aussi passionnée par le roman de Jane Austen que par la série britannique, je ne pouvais que trouver mon bonheur dans ce livre.

Je n’ai pas lu beaucoup d’Austeneries jusqu’à présent, mais il me semble que Jo Baker a réussi un tour de force : se baser sur l’intrigue d’Orgueil et Préjugés (et lui être fidèle en tous points, jusqu’aux plats préparés et servis par les uns et savourés par les autres) pour construire une histoire qui se déroule en parallèle.

On retrouve bien sûr Mr et Mrs Bennett (quoique sous un nouveau jour), Elizabeth, Jane et leurs sœurs, mais ce sont bien les domestiques qui sont au cœur du roman : Mr et Mrs Hill, un couple que la vie n’a pas épargné et qui vielle à ce que tout soit parfait au domaine de Longbourn, les femmes de chambres Sarah et Polly, le valet James Smith au passé trouble…

On finirait presque par oublier Elizabeth et Darcy, tant les premiers émois de Sarah sont bien décrits, de son attirance pour Ptolémée Bingley à son amour pour James… On s’émeut devant son attachement à la très jeune Polly, qui éveille les désirs répréhensibles d’un certain Wickham, et on comprend son rêve de partir à l’aventure et de connaître le monde, aussi limité soit-il quand on est domestique… Et puis on découvre l’envers du décor, les coulisses de la demeure des Bennett dont l’intimité nous est plus que jamais dévoilée, à travers les différentes tâches domestiques.

Alors que Jane Austen décrit (et critique) la bonne société, Jo Baker n’hésite pas à nous entraîner dans les bas-fonds de Londres et sur les champs de bataille en Espagne et au Portugal, pour nous montrer à quelles réalités nos nouveaux héros sont confrontés. Forcément, l’histoire de Sarah et James est bien plus douloureuse que celle d’Elizabeth et Darcy, mais elle est tout aussi belle et romanesque au vu des obstacles rencontrés.

J’ai lu la dernière page de ce roman hier soir, mais une partie de moi est restée à Longbourn. Et c’est une très bonne chose !

 

Ce billet me permet d’officialiser ma participation au Mois anglais 🙂 et de poursuivre le challenge Lire en thème : A la découverte d’un auteur.

Une saison à Longbourn, de Jo Baker, éditions Stock, 396 pages, 21,50 €.

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16 Replies to “Une saison à Longbourn, Jo Baker”

    1. Contente de te donner envie de le découvrir Soukee ^^ Mais attention, on retrouve quand même plus l’atmosphère d’Orgueil et préjugés que de Downton 😉

    1. Oui, je trouve qu’il est particulièrement bien construit et Jo Baker ne se contente pas de s’approprier un univers : elle le prolonge dans une nouvelle intrigue qui fourmille de détails historiques 🙂

  1. Je viens de publier mon billet sur ce roman, je l’ai moi aussi apprécié et il est d’un autre niveau que les autres austeneries de ma connaissance. Une excellente idée que celle-ci ! “Downton Abbey” fait des émules…

    1. Oui, je trouve aussi que c’est un roman de qualité, qui tient ses promesses 🙂
      Un bel hommage à Jane Austen et à ses “domestiques-fantômes”…

    1. Je suis du même avis que toi ! En “Austenerie”, je n’ai lu que “Les filles de Mr Darcy” et… non, ce n’était vraiment pas possible !!
      J’ai Austenland et d’autres romans en VO dans ma PAL (Mr Darcy broke my heart, Death comes to Pemberley…), j’espère qu’ils seront divertissants, à défaut d’être aussi savoureux que le chef d’œuvre de Jane Austen 😉

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