Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

L’histoire

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ?
C’est l’histoire de chemins qui se croisent. Les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire.

Mon avis

J’ai beaucoup aimé Le premier jour du reste de ma vie, le premier roman de l’auteure qui m’avait séduite par son style et sa galerie de personnages aussi touchants les uns que les autres. Dans Tu comprendras quand tu seras plus grande, j’ai tout de suite accroché avec Julia, cette héroïne toute bancale, toute cassée après la mort de son père et d’autres événements difficiles, et qui ressent le besoin de tout quitter pour mieux se retrouver. J’ai apprécié de découvrir son caractère et sa personnalité, à travers ses doutes et ses peurs, ses questionnements et les nouvelles rencontres inattendues qu’elle fait à la maison de retraite des Tamaris.

C’est un roman plein d’émotions, d’humour, et qui pose une belle réflexion sur les relations au sein d’une famille, le fait de vieillir et de voir des être chers partir, et sur l’importance de se reconstruire et d’aimer à nouveau, même quand cela semble impossible. Grâce aux personnages secondaires, que ce soit les collègues ou les résidents des Tamaris, Julie – et le lecteur – reçoit une belle leçon de vie et d’espoir, que j’ai vraiment appréciée dans le contexte particulièrement difficile de ces dernières semaines…

Tu comprendras quand tu seras plus grande est l’incarnation du livre feel-good, qui remonte le moral et met du baume au cœur. Si pour moi la romance est superflue tant le reste de l’intrigue se suffit à elle-même, j’ai vraiment passé un très bon moment grâce à la plume pleine de vie de Virginie Grimaldi. Et j’aimerais beaucoup avoir des nouvelles de Julia…

 

Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi, chez Fayard, 512 pages, 19,90 €.

Vous aimerez peut-être...

Laissez un commentaire

Catégorie Chick Lit / Romance, Contemporain

Le chant du rossignol, Kristin Hannah

L’histoire

France, 1939.
Dans le village de Carriveau dans la Loire, Vianne Mauriac fait ses adieux à son mari qui part au front et se retrouve seule avec sa fille. Elle ne peut imaginer que les nazis vont envahir le pays. Pourtant, lorsqu’un capitaine allemand réquisitionne sa maison, elle est forcée d’accueillir un officier sous son toit. Et fait le choix de protéger sa fille avant la liberté de son pays…
Sa sœur Isabelle, 18 ans, a passé son enfance dans des pensionnats depuis la mort de leur mère, et son père décide de l’envoyer vivre avec Vianne. Mais son tempérament rebelle met en danger leur vie à toutes. Isabelle décide donc de partir vivre à Paris, le jour de l’entrée des Allemands dans la ville. Impétueuse et pleine d’idéaux, elle s’engage très vite dans la Résistance sous le nom de code « Le Rossignol » et fait régulièrement passer des aviateurs anglais en Espagne.
Deux sœurs, deux destins et deux façons de survivre à la guerre et à l’envahisseur. Un grand roman sur l’amour, la liberté, les idéaux et sur le rôle des femmes pendant la guerre.

Mon avis

Voilà une lecture qui m’a bouleversée et à laquelle je repense souvent alors que je l’ai terminée il y a plusieurs semaines. Le chant du rossignol fait partie de ces romans qui vous font ressentir toutes sortes d’émotions, et qui continuent de vous habiter longtemps…

Cette saga historique est avant tout l’histoire d’une famille, les Rossignol, et de deux sœurs que tout sépare. Après la mort de leur mère et l’abandon de leur père, un homme que la Première Guerre Mondiale a complètement transformé, l’aînée Vianne se construit une nouvelle famille en se mariant très jeune et en devenant mère à son tour. Isabelle, de dix ans sa cadette, est placée dans différentes institutions où l’on se charge de « mater » son tempérament fougueux et impulsif, qui cache tant bien que mal un besoin d’amour presque désespéré.

Quand la guerre frappe ces deux personnages, leurs différences vont s’affirmer un peu plus : Isabelle s’engage immédiatement dans la résistance alors que Vianne se voit contrainte d’héberger un officier allemand sous son toit. Chacune affronte la réalité de la guerre en accord avec sa personnalité et ses convictions, mais toutes deux font finalement preuve d’un courage incroyable, de bien des façons.

On assiste impuissant aux drames que ces deux femmes vont subir au fil des mois, des années, jusqu’à la Libération, et on sait que leurs blessures sont irréversibles. La plume de l’auteure est simple mais belle et précise, elle nous emporte aisément dans le contexte terrible de l’Occupation et dresse un portrait magnifique de ces héroïnes dont le destin ne peut laisser indifférent.

Malgré la période noire qu’il évoque, Le chant du rossignol est un roman très beau, juste et terriblement touchant qui nous fait vivre des émotions fortes. A ne pas manquer si cette période de l’histoire vous intéresse ! En ce qui me concerne, j’attends l’adaptation au cinéma, un projet qui serait déjà en cours au vu du succès rencontré par le livre.

 

Le chant du rossignol de Kristin Hannah, chez Michel Lafon, 525 pages, 20,50 €.

Vous aimerez peut-être...

Laissez un commentaire

Catégorie Histoire

L’été des secondes chances, Morgan Matson

L’histoire

Taylor a une manière bien à elle de traiter ses problèmes personnels : elle les fuit. Mais lorsque son père, atteint d’un cancer, décide de passer son dernier été en famille dans leur maison de vacances, la jeune fille ne peut se dérober. C’est là, cinq ans plus tôt, qu’elle avait laissé sa meilleure amie, Lucy, et son premier amour, Henry, avec la ferme intention de ne plus jamais les revoir. Les souvenirs ressurgissent et, cet été, elle va devoir les affronter.

Mon avis

Si vous cherchez une lecture d’été aux saveurs douces-amères, ce roman de Morgan Matson est tout simplement fait pour vous ! J’ai lu L’été des secondes chances au début du mois de juin, et je me suis évadée de mon quotidien à chaque chapitre : l’auteure a l’art et la manière de nous plonger dans son récit, de sorte que le lecteur semble faire partie de la famille. C’est assez extraordinaire !

Ce roman raconte un été particulier pour Taylor, notre jeune héroïne âgée de seize ans : son père atteint d’un cancer est mourant, et a demandé à sa famille de passer leurs dernières vacances ensemble, dans leur maison secondaire située au bord d’un lac. Un moment difficile pour ses trois enfants, et pour Taylor en particulier qui est très proche de son père. Et puis elle retrouve deux personnes qui ont beaucoup compté pour elle mais qu’elle a laissé tomber cinq ans plus tôt : sa meilleure amie Lucy et Henry, son tout premier amour qu’elle n’a jamais vraiment oublié.

L’été des secondes chances est vraiment une belle histoire, touchante, profonde et légère par moments. C’est un roman qui évoque avec autant de force les premières fois, les secondes chances, les deuils et les nouveaux départs. Il a un parfum d’été, de nostalgie et d’espoir, en mettant au centre du récit des sentiments tels que l’amour filial, l’amour romantique et l’amitié. Il parle aussi du passage de l’enfance à l’âge adulte, de tout ce que l’on perd en chemin mais de tout ce que l’on gagne aussi en grandissant.

En résumé, c’est un roman plein de sensibilité et d’émotions, qui sonne « vrai » et qui met du baume au cœur en dépit des sujets graves abordés. Une belle découverte d’une auteure que je relirai… et ça tombe bien, Since you’ve been gone est déjà dans ma PAL !

 

L’été des secondes chances de Morgan Matson, Le Livre de Poche Jeunesse, 416 pages, 7,90 €.

Vous aimerez peut-être...

2 Comments

Catégorie Contemporain, Jeunesse / Young adult

Loin de Berkley Hall, Coralie Khong-Pascaud

Aujourd’hui, je viens vous parler d’un roman qui me tient particulièrement à cœur et vous allez vite comprendre pourquoi : c’est moi qui l’ai écrit ! J’imagine que c’est une surprise pour la plupart d’entre vous, vu que j’ai travaillé sur ce projet pendant des semaines… mais dans le secret le plus total (ou presque), par peur de m’arrêter en chemin comme les fois précédentes, par peur de ne pas être satisfaite du tout par le résultat (et surprise, c’était quand même un peu le cas !), par peur de tout et de rien en fait.

Voici son histoire : les éditions Charleston et Librinova ont organisé un concours en hommage à Downton Abbey, une série que j’aime d’amour… Quand je l’ai appris, j’étais en train de travailler sur un autre projet que je me suis empressée de mettre sur pause afin de me lancer dans ce nouveau défi : « écrire un roman qui s’inspire de l’univers de Downton Abbey, une saga familiale historique se déroulant au début du vingtième siècle, qui présente des statuts sociaux différents et peut-être des secrets de famille »…

En quelques semaines, Loin de Berkley Hall est né, a été envoyé… et récompensé par le 2ème prix (je n’arrive toujours pas à y croire !). Ces derniers jours, j’ai donc finalisé le texte afin de le publier chez Librinova et le reste de l’histoire… c’est à vous de l’écrire ! Je vous laisse découvrir le résumé, en espérant qu’il vous intriguera et qu’il vous fera voyager jusqu’à Berkley Hall, aux côtés de Lady Catherine et de Lydia 🙂

Angleterre, 1911
Alors que sa sœur cadette s’apprête à faire son entrée dans la bonne société à l’occasion du bal des débutantes, Lady Catherine Davenport sème le trouble sur le domaine familial de Berkley Hall en refusant de se marier.
Éprise de liberté et de reconnaissance, Lady Catherine se rapproche de Lydia, une femme de chambre au caractère bien trempé et qui a du mal à supporter sa condition de domestique.
Ensemble, elles vont décider d’un tout autre chemin…   

 

Loin de Berkley Hall est déjà disponible sur les sites d’Amazon, de la Fnac et de nombreuses autres librairies en ligne.

Vous aimerez peut-être...

4 Comments

Catégorie Chick Lit / Romance, Histoire, Tout ce que j'écris, ici et là...

Buzz !, Anne-Gaëlle Huon

L’histoire

Bibliothécaire un peu farfelue, Bérangère s’apprête à participer à Buzz, le jeu télévisé le plus regardé de France. Sa mère Marie-Belle, qui tient un salon de coiffure, ne peut contenir son excitation à l’idée de voir sa fille empocher les cinq millions d’euros mis en jeu. Avec cette somme, toutes les deux pourraient réaliser les choses qu’elles ont inscrites au fil des ans dans leur « carnet de désirs »…
Seulement voilà, dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu. Surtout quand une galerie de personnages et des péripéties toutes plus folles les unes que les autres s’enchaînent et se déchaînent. D’autant qu’un mystérieux inconnu fait planer une ombre menaçante sur les participants au jeu. Une chose est certaine : des secrets seront révélés et des vies totalement chamboulées… De quoi faire un sacré Buzz !

Mon avis

J’ai eu envie de découvrir ce roman qui s’éloigne de mes lectures habituelles pour deux raisons : sa couverture originale et pleine d’humour, qui est complètement en décalage avec ce qui peut se faire en ce moment, et une héroïne bibliothécaire, tout rapport avec les livres exerçant sur moi un attrait irrésistible… Je suis ressortie de ma lecture assez partagée : c’est clairement un roman qui se lit avec plaisir, mais il n’a pas vraiment répondu à mes attentes.

Je voulais suivre le parcours de Bérangère à l’occasion de son passage très attendu dans Buzz : après tout, c’était ce qui m’avait accrochée à la lecture du résumé. Et j’ai été surprise de me retrouver dans un roman choral, dans lequel les changements de points de vue sont très fréquents et l’émission de télévision un prétexte plus qu’autre chose. J’ai eu en effet l’impression de passer plus de temps dans le salon de coiffure de Marie-Belle (qui m’a l’air d’être la vraie héroïne au final) que dans les coulisses et sur le plateau de Buzz qui est pourtant « vendu » dans le titre.

Mis à part cela, j’ai beaucoup apprécié la plume de l’auteure, ses expressions bien trouvées et sa galerie de personnages hauts en couleurs. Je pense que mes attentes ont joué sur l’appréciation de ce roman qui tient ses promesses, celles de faire du bien et de changer les idées à travers des situations cocasses et amusantes. A découvrir pour s’offrir une parenthèse déjantée, loin de son poste de télé !

 

Buzz ! d’Anne-Gaëlle Huon, City Editions, 208 pages, 14,90 €.

Vous aimerez peut-être...

2 Comments

Catégorie Contemporain, Humour

First Love, James Patterson

L’histoire

Axi, seize ans, est une fille bien sage et bonne élève. Surtout pas du genre à s’attirer des ennuis. Alors, forcément, quand elle propose au beaucoup moins raisonnable Robinson, son meilleur ami, de sécher les cours et fuguer pour traverser les États-Unis, il n’en croit pas ses oreilles. Il se laisse finalement convaincre quand il comprend que le projet de son amie est mûrement réfléchi : des étapes sont prévues, elle a rassemblé du matériel et surtout économisé depuis cinq ans en faisant du baby-sitting pour payer les trajets d’autocar et les dépenses courantes. Robinson, secrètement amoureux, accepte. Il modifie cependant la nature du voyage en volant une Harley Davidson. Puis, il volera une voiture, et ainsi de suite. Rapidement grisés par le vent d’indépendance qui souffle sur leur épopée, les adolescents laissent les problèmes de leur quotidien loin derrière eux. Jusqu’au jour où…

Mon avis

Je dois vous avouer que j’ai volontairement tronqué la dernière phrase du résumé. Parce que bonjour le spoil ! Tout comme la dédicace de l’auteur (et pourtant Simi nous avait prévenus dans l’un de ses updates YT) mais bon, entre temps j’ai oublié, je l’ai lue et le mal était fait. Ce qui ne m’a pas empêchée d’adorer First Love cela dit, mais j’aurais préféré ne pas avoir cette « information » d’entrée de jeu.

First Love, c’est donc l’histoire de deux adolescents, Axi et Robinson, qui laissent tout derrière eux pour se lancer dans un road trip plus ou moins improvisé. Ils vont sillonner les États-Unis, partager des moments et des sentiments nouveaux, faire d’étonnantes rencontres, vivre des aventures un peu folles… jusqu’au jour où malgré tout, la réalité va se rappeler à eux et assez brutalement.

J’ai adoré ce roman pour lequel j’ai eu un joli coup de cœur. A commencer par l’objet-livre qui intègre des photos en noir et blanc illustrant les lieux visités, les anecdotes racontées, les sentiments partagés… Un vrai plus qui apporte du charme à une histoire qui n’en manque pas ! Axi et Robinson sont tout mignons, à tâtonner avant de se dévoiler leurs sentiments, puis terriblement touchants quand ils sentent que leur aventure touche à sa fin.

L’écriture de James Patterson est simple mais puissante et rappelle la force des premières fois mais aussi l’importance de vivre sa vie comme s’il n’y avait pas de lendemain. Le côté « histoire vraie » du roman m’a émue également, et j’ai été séduite par cette visite édulcorée de coins mythiques de l’Amérique, que ce soit Hollywood, Las Vegas ou ces villes un peu paumées qui nous font quand même rêver. Pour toutes ces raisons, First Love est un récit qui vaut le détour…

 

First Love de James Patterson, Hachette Romans, 336 pages, 15,90 €.

Vous aimerez peut-être...

Laissez un commentaire

Catégorie Jeunesse / Young adult

Interview de Marilyse Trécourt, au-delà de l’écriture…

Auteure de romans et de nouvelles, Marilyse Trécourt est la preuve que l’auto-édition compte parmi les voies qui mènent au succès et à la publication traditionnelle. Après Au-delà des apparences qui suit une jeune veuve sur le chemin de la reconstruction et Le Bon Dieu sans confession dans lequel l’héroïne est une mamie qui joue aux Miss Marple dans son immeuble, elle vient de sortir son troisième roman, Otage de ma mémoire, un thriller axé autour du thème de l’amnésie. A chaque nouvelle histoire, un nouveau défi…

         

– Comment es-tu venue à l’écriture ? Quel a été ton parcours d’auteure avant la publication de tes romans ?

J’ai toujours écrit. Déjà en primaire, je m’amusais à imaginer des petites histoires sur mes cahiers d’écolière. Et en CM1, je participais toutes les semaines à un concours de poésie. Plus tard, au lycée, j’écrivais des histoires un peu plus longues. Les deux dont je me souvienne étaient très différentes : une romance à la plage et le combat d’un jeune idéaliste pendant la Révolution française. Mais je les gardais pour moi, je ne les montrais à personne ! C’était avant tout un plaisir personnel et je ne voulais pas soumettre mes textes à la critique d’autres personnes. Et puis l’université, la vie d’adulte, les enfants… ne m’ont plus guère laissé le temps d’écrire. Un beau jour, à la médiathèque, j’ai découvert l’existence d’un concours de nouvelles régional. Le thème : les 7 péchés capitaux. Le sujet m’inspirait. Je me suis lancée. Je n’ai pas gagné ce premier concours mais plusieurs par la suite (dont un qui m’a permis de partir au Vietnam !). Mais parfois, mes amis m’avouaient qu’ils regrettaient que mes histoires soient si courtes… Alors, le 1er janvier 2014, à l’heure des bonnes résolutions, je me suis lancé le défi d’écrire mon premier roman. Quelques mois plus tard, Au-delà des apparences était né et gagnait un concours qui lui a permis d’être publié et de rencontrer ses lecteurs. Le début d’une histoire…

– Au-delà des apparences, Le Bon Dieu sans confession et Otage de ma mémoire sont trois romans très différents. Est-ce que changer de genre à chaque fois est un défi que tu te lances à toi-même ?

Ce que j’aime par-dessus tout dans l’écriture, c’est ce sentiment de liberté que j’éprouve à inventer des histoires, à faire évaluer mes personnages à ma guise et à leur trouver le destin qui me plaît. Et je tiens à cette liberté. Aussi, quand une idée de roman s’impose à moi, je ne cherche pas à la faire coïncider avec la précédente, je ne me demande pas si le thème va plaire, j’accepte la « mission » et je commence à écrire.
En revanche, j’aime effectivement me lancer des défis. Par exemple, Le Bon Dieu sans confession est un roman choral qui permet d’offrir plusieurs points de vues et de présenter des personnages très différents. Il s’agit d’un exercice intéressant mais compliqué et j’avais envie de relever ce challenge. Dans Otage de ma mémoire, c’était l’alternance entre le présent et les flash-back dans le passé. Et dans le quatrième, j’essaie d’en relever un autre, mais chut, c’est encore secret !

– Quel roman a été le plus facile à écrire ? Le plus difficile ?

Le plus facile, c’était peut-être le premier. J’écrivais juste pour avoir le plaisir de mettre le mot « fin » en dernière page. Je ne me mettais pas la pression. Je me disais que si mon petit groupe d’amis le lisait, je serais déjà très heureuse ! Mais ce groupe s’est légèrement agrandi et ensuite, je me suis posé plus de questions. Mais le plaisir d’écrire reste intact, même si, techniquement, les difficultés ne sont pas les mêmes… Le plus difficile ? Celui que j’écris actuellement !

– Dans Au-delà des apparences et Le Bon Dieu sans confession, les héroïnes sont très différentes et pourtant elles entament chacune une nouvelle page de leur existence. Ce thème des nouveaux départs te tient-il particulièrement à cœur ?

Oui, c’est vraiment un thème qui m’interpelle, et bizarrement, il est lié à celui de la liberté qui m’est cher, vous l’aurez compris. Les changements de vie, aussi minimes soient-ils, peuvent être à la portée de chacun de nous, ne serait-ce que dans notre manière de considérer notre existence. Dans un cadre plus dramatique, comme le décès d’un conjoint, cette nouvelle vie à construire implique souvent de se reconstruire soi-même. Et je trouve ça à la fois effrayant et passionnant.

– Pour toi, est-il plus facile d’écrire des scènes émouvantes, comiques ou pleines de suspense ?

Je dirais que j’éprouve autant de plaisir à écrire ces trois types de scènes. J’aime me plonger dans l’état émotionnel qui leur convient et laisser mes émotions me guider. Pour cela, je peux me servir d’une musique de circonstance, c’est très pratique. Je me sers également des techniques issues du théâtre que j’ai pratiqué quelques années pour entrer « physiquement » dans la peau de mes personnages. Il m’arrive ainsi de « jouer » une scène ou une réplique pour sentir si elle sonne juste ou pas.
Pour répondre à la question, je dirai que les scènes de suspense requièrent davantage de travail pour ménager l’effet de surprise, saupoudrer les indices à bon escient, et jouer avec le lecteur. Mais c’est tellement amusant !

– Qu’aimes-tu partager avec tes lecteurs à travers tes romans ?

Ce qui me fait le plus plaisir, c’est quand un lecteur me dit que mon histoire l’a fait réfléchir à sa propre vie, qu’il en a tiré quelque chose sur le plan personnel, que ça l’a ému, que ça l’a rendu heureux, ne serait-ce que quelques heures. C’est ce que j’aime partager avec mes lecteurs. Un peu de bonheur, un moment de plaisir, d’évasion. Dans ces cas-là, j’ai l’impression que mon roman a pleinement rempli son rôle, qu’il a été utile.

– Est-ce que ton congé sabbatique pour écrire se déroule comme tu le souhaites ?

Oui, et même au-delà de mes attentes. Je dois avouer que je craignais un peu que mes journées passées seule à la maison ne soient un peu trop longues mais c’est plutôt l’inverse qui se produit. Je suis obligée de tenir un planning et de m’astreindre à respecter des horaires de fin de journée (même si je ne le fais jamais, en vérité !). Quand on commence à travailler pour sa passion à plein-temps, on a vraiment du mal à s’arrêter !

– Peux-tu nous parler de tes prochains projets, si ce n’est pas trop secret !

Actuellement, je travaille sur deux projets parallèles. L’écriture de mon quatrième roman, tout d’abord. Il raconte l’histoire d’un homme d’âge mûr qui a la possibilité de remonter vingt ans en arrière pour revivre sa vie, de faire des choix différents de ceux qu’il avait faits initialement, quelles qu’en soient les conséquences… La sortie est prévue à la rentrée. L’autre projet est justement lié à mon congé sabbatique. Il s’agit d’une série que j’ai nommée [6 mois !] et qui réunit des anecdotes de ma vie d’auteur, ma vie de maman, mes astuces d’écriture, etc. Pour l’instant, je l’écris « à chaud », de manière assez spontanée mais il n’est pas impossible que je la publie également en y incorporant des illustrations (de professionnels, je vous rassure !)… A suivre !
Et puis, plus tard, j’aimerais relever un nouveau défi : écrire un scénario pour la télévision ou le cinéma ! Je ne connais pas encore ce domaine mais je suis impatiente de le découvrir. D’ailleurs, si des personnes ont des tuyaux à me donner, je suis preneuse !

– D’ailleurs, si tu pouvais faire adapter l’un de tes romans au cinéma ou à la télévision, lequel choisirais-tu et pourquoi ?

On m’a souvent dit que Le Bon Dieu sans confession était écrit de manière assez cinématographique, qu’on visualisait bien les scènes, les personnages. Mais si je suis honnête, je dirai que j’aimerais tous les voir adaptés à l’écran.
J’ai déjà vécu cette expérience, d’une certaine façon. Il y a deux ans, j’ai écrit une pièce de théâtre « Décollage immédiat » pour la troupe de théâtre dont je faisais partie. Quelques semaines plus tard, j’ai découvert comment mon texte pouvait être interprété, renforcé et embelli par un jeu d’acteur, ce qui décuple sa portée. Et c’est juste magnifique !

– Est-ce que tu aimerais écrire une suite à l’un de tes romans ?

Pour l’instant, j’ai du mal à imaginer une suite à l’un de mes romans. Et puis, j’aime tellement rencontrer de nouveaux personnages, créer de nouvelles histoires que je ne l’envisage pas. A moins que mes lecteurs ne me le demandent à cor et à cri… Je suis d’ailleurs très attentive à leurs retours. Et pour les remercier de leur soutien, les personnages de mon prochain roman porteront les prénoms des fans les plus actifs de ma page Facebook !

Vous aimerez peut-être...

Laissez un commentaire

Catégorie Interviews

Un merci de trop, Carène Ponte

L’histoire

S’il fallait décrire Juliette en un seul mot, « transparente » serait sans nul doute le bon.
Depuis qu’elle est toute petite, Juliette a toujours fait ce que l’on attendait d’elle. Pour ne pas déplaire, pour ne pas décevoir. Mettant de côté ses rêves et celle qu’elle est vraiment. Résultat, à trente ans, elle mène une vie sans relief, ennuyeuse au possible. Une vie où choisir entre lasagnes et sushis est un événement.
Pourtant, elle se sent de plus en plus à l’étroit dans cette vie, dans cette peau. Elle a envie de crier qu’elle n’est pas cette fille sans personnalité. Elle a envie d’aborder son voisin pour lui dire qu’il lui plaît.
Et, par-dessus tout, elle a envie d’enfin réaliser son rêve, celui de devenir écrivain. Il n’est jamais trop tard pour devenir soi. C’est ce que va découvrir Juliette au détour d’un merci, un merci de trop.

Mon avis

Il y a un peu plus d’un an, je découvrais Un merci de trop de Carène Ponte, un roman publié en auto-édition chez Librinova. Et j’ai tout de suite été séduite par le personnage attachant de Juliette, une trentenaire qui se retrouve coincée derrière l’image de gentille fille qu’elle a donné toute sa vie. J’ai aimé l’écriture de Carène, pétillante et pleine de fraicheur, son humour, et bien sûr les déboires de Juliette qui essaye de changer de vie du jour au lendemain.

Depuis, Carène a signé chez Michel Lafon et a retravaillé l’intégralité de son roman avec beaucoup de professionnalisme. En découvrant cette nouvelle version d’Un merci de trop, j’ai vraiment été bluffée. J’ai retrouvé tout ce que j’avais aimé dans la première version, mais en mille fois mieux. J’ai ri, j’ai eu les larmes aux yeux, j’ai espéré que les rêves de Juliette se réalisent… Et pourtant j’avais déjà lu la première version deux fois, je savais donc à quoi m’attendre !

J’ai vraiment été conquise par ce roman plein de pep’s (les notes de bas de page, les touches d’humour plus présentes et les références de Carène sont justes excellentes !) Un vrai coup de cœur que je suis contente de partager avec vous aujourd’hui : si vous cherchez une lecture qui vous donnera la pêche cet été, c’est bien Un merci de trop qu’il vous faut !

Et pour ce superbe moment de lecture, je n’ai qu’un mot à dire à son auteure dont j’attends les prochains romans avec une grande, grande impatience : MERCI* !

 

Un merci de trop de Carène Ponte, chez Michel Lafon, 283 pages, 16,95 €.

* je n’ai pas pu m’empêcher de la faire 😉

Vous aimerez peut-être...

2 Comments

Catégorie Chick Lit / Romance

Le Bon Dieu sans confession, Marilyse Trécourt

L’histoire

Les Jardins d’Eden… En emménageant dans son nouvel appartement de cette résidence, Odette, une mamie dynamique, espérait y passer une retraite heureuse et paisible avec Elvis, son fidèle compagnon…
Pourtant, des incidents curieux et inquiétants viennent perturber leur nouveau petit paradis : quelqu’un semble prendre un malin plaisir à effrayer les locataires. Qui est-il ? Que veut-il ?
Odette mène l’enquête : tous les gens qu’elle rencontre sont charmants, que ce soit cette bimbo pas aussi écervelée qu’elle n’en a l’air, cet alcoolique désespéré, cette cartomancienne, ou encore ce sosie de Johnny Hallyday et tous les autres habitants auxquels on donnerait le Bon Dieu sans confession… Odette n’est pas dupe, des secrets se cachent dans l’immeuble. Bientôt, elle n’a plus qu’une idée en tête : démasquer le coupable pour venir en aide à ses voisins. Elle est loin d’imaginer où cette enquête la conduira…

Mon avis

Je connaissais déjà la plume de Marilyse Trécourt, tout en sensibilité et en délicatesse, pour l’avoir découverte avec son premier roman Au-delà des apparences, auto-édité dans un premier temps chez Librinova puis publié chez Mosaïc. Je dois avouer que j’ai eu une nette préférence pour son deuxième roman, Le Bon Dieu sans confession, qui nous dévoile une nouvelle facette de son talent, plus humoristique.

Je pense aussi que le sujet a joué en ma faveur : j’adore les histoires où l’héroïne est une grand-mère un peu loufoque (vous souvenez-vous de mon coup de cœur l’année dernière pour Ma grand-mère vous passe le bonjour ?) et avec Odette, j’ai été servie ! Pour commencer, cette mamie très moderne a un animal de compagnie assez original, un perroquet prénommé Elvis qui parle à tord et à travers… J’ai adoré ce duo détonnant !

Et puis dans sa nouvelle résidence, Les Jardins d’Eden, elle côtoie toute une galerie de personnages hauts en couleurs et attachants, qui ont tous un secret à cacher… Quand ils commencent à recevoir des lettres anonymes menaçantes, Odette va prendre son courage à deux mains et jouer aux justicières du dimanche pour démasquer le coupable.

Dans cette histoire, ce n’est pas tant l’enquête qui m’a plu ni son dénouement bien trouvé en résonance avec le thème général du roman, mais bien le côté humain avec son lot de personnages un peu malmenés par la vie et qui méritent que l’on ne s’arrête pas à la première impression, aux simples apparences…

Et puis certains passages m’ont bien fait rire (en particulier la scène au commissariat, qui sent le vécu !) et j’ai apprécié cette spontanéité, cette légèreté qui ne manque pourtant pas de profondeur par moments. Bref, Le Bon Dieu sans confession a été un joli moment de lecture, un roman parfait pour se changer les idées !

 

Le Bon Dieu sans confession de Marilyse Trécourt, Librinova, 232 pages, 2,99 €.

Vous aimerez peut-être...

1 Comment

Catégorie Contemporain