Interview de Marilyse Trécourt, au-delà de l’écriture…

Auteure de romans et de nouvelles, Marilyse Trécourt est la preuve que l’auto-édition compte parmi les voies qui mènent au succès et à la publication traditionnelle. Après Au-delà des apparences qui suit une jeune veuve sur le chemin de la reconstruction et Le Bon Dieu sans confession dans lequel l’héroïne est une mamie qui joue aux Miss Marple dans son immeuble, elle vient de sortir son troisième roman, Otage de ma mémoire, un thriller axé autour du thème de l’amnésie. A chaque nouvelle histoire, un nouveau défi…

         

– Comment es-tu venue à l’écriture ? Quel a été ton parcours d’auteure avant la publication de tes romans ?

J’ai toujours écrit. Déjà en primaire, je m’amusais à imaginer des petites histoires sur mes cahiers d’écolière. Et en CM1, je participais toutes les semaines à un concours de poésie. Plus tard, au lycée, j’écrivais des histoires un peu plus longues. Les deux dont je me souvienne étaient très différentes : une romance à la plage et le combat d’un jeune idéaliste pendant la Révolution française. Mais je les gardais pour moi, je ne les montrais à personne ! C’était avant tout un plaisir personnel et je ne voulais pas soumettre mes textes à la critique d’autres personnes. Et puis l’université, la vie d’adulte, les enfants… ne m’ont plus guère laissé le temps d’écrire. Un beau jour, à la médiathèque, j’ai découvert l’existence d’un concours de nouvelles régional. Le thème : les 7 péchés capitaux. Le sujet m’inspirait. Je me suis lancée. Je n’ai pas gagné ce premier concours mais plusieurs par la suite (dont un qui m’a permis de partir au Vietnam !). Mais parfois, mes amis m’avouaient qu’ils regrettaient que mes histoires soient si courtes… Alors, le 1er janvier 2014, à l’heure des bonnes résolutions, je me suis lancé le défi d’écrire mon premier roman. Quelques mois plus tard, Au-delà des apparences était né et gagnait un concours qui lui a permis d’être publié et de rencontrer ses lecteurs. Le début d’une histoire…

– Au-delà des apparences, Le Bon Dieu sans confession et Otage de ma mémoire sont trois romans très différents. Est-ce que changer de genre à chaque fois est un défi que tu te lances à toi-même ?

Ce que j’aime par-dessus tout dans l’écriture, c’est ce sentiment de liberté que j’éprouve à inventer des histoires, à faire évaluer mes personnages à ma guise et à leur trouver le destin qui me plaît. Et je tiens à cette liberté. Aussi, quand une idée de roman s’impose à moi, je ne cherche pas à la faire coïncider avec la précédente, je ne me demande pas si le thème va plaire, j’accepte la « mission » et je commence à écrire.
En revanche, j’aime effectivement me lancer des défis. Par exemple, Le Bon Dieu sans confession est un roman choral qui permet d’offrir plusieurs points de vues et de présenter des personnages très différents. Il s’agit d’un exercice intéressant mais compliqué et j’avais envie de relever ce challenge. Dans Otage de ma mémoire, c’était l’alternance entre le présent et les flash-back dans le passé. Et dans le quatrième, j’essaie d’en relever un autre, mais chut, c’est encore secret !

– Quel roman a été le plus facile à écrire ? Le plus difficile ?

Le plus facile, c’était peut-être le premier. J’écrivais juste pour avoir le plaisir de mettre le mot « fin » en dernière page. Je ne me mettais pas la pression. Je me disais que si mon petit groupe d’amis le lisait, je serais déjà très heureuse ! Mais ce groupe s’est légèrement agrandi et ensuite, je me suis posé plus de questions. Mais le plaisir d’écrire reste intact, même si, techniquement, les difficultés ne sont pas les mêmes… Le plus difficile ? Celui que j’écris actuellement !

– Dans Au-delà des apparences et Le Bon Dieu sans confession, les héroïnes sont très différentes et pourtant elles entament chacune une nouvelle page de leur existence. Ce thème des nouveaux départs te tient-il particulièrement à cœur ?

Oui, c’est vraiment un thème qui m’interpelle, et bizarrement, il est lié à celui de la liberté qui m’est cher, vous l’aurez compris. Les changements de vie, aussi minimes soient-ils, peuvent être à la portée de chacun de nous, ne serait-ce que dans notre manière de considérer notre existence. Dans un cadre plus dramatique, comme le décès d’un conjoint, cette nouvelle vie à construire implique souvent de se reconstruire soi-même. Et je trouve ça à la fois effrayant et passionnant.

– Pour toi, est-il plus facile d’écrire des scènes émouvantes, comiques ou pleines de suspense ?

Je dirais que j’éprouve autant de plaisir à écrire ces trois types de scènes. J’aime me plonger dans l’état émotionnel qui leur convient et laisser mes émotions me guider. Pour cela, je peux me servir d’une musique de circonstance, c’est très pratique. Je me sers également des techniques issues du théâtre que j’ai pratiqué quelques années pour entrer « physiquement » dans la peau de mes personnages. Il m’arrive ainsi de « jouer » une scène ou une réplique pour sentir si elle sonne juste ou pas.
Pour répondre à la question, je dirai que les scènes de suspense requièrent davantage de travail pour ménager l’effet de surprise, saupoudrer les indices à bon escient, et jouer avec le lecteur. Mais c’est tellement amusant !

– Qu’aimes-tu partager avec tes lecteurs à travers tes romans ?

Ce qui me fait le plus plaisir, c’est quand un lecteur me dit que mon histoire l’a fait réfléchir à sa propre vie, qu’il en a tiré quelque chose sur le plan personnel, que ça l’a ému, que ça l’a rendu heureux, ne serait-ce que quelques heures. C’est ce que j’aime partager avec mes lecteurs. Un peu de bonheur, un moment de plaisir, d’évasion. Dans ces cas-là, j’ai l’impression que mon roman a pleinement rempli son rôle, qu’il a été utile.

– Est-ce que ton congé sabbatique pour écrire se déroule comme tu le souhaites ?

Oui, et même au-delà de mes attentes. Je dois avouer que je craignais un peu que mes journées passées seule à la maison ne soient un peu trop longues mais c’est plutôt l’inverse qui se produit. Je suis obligée de tenir un planning et de m’astreindre à respecter des horaires de fin de journée (même si je ne le fais jamais, en vérité !). Quand on commence à travailler pour sa passion à plein-temps, on a vraiment du mal à s’arrêter !

– Peux-tu nous parler de tes prochains projets, si ce n’est pas trop secret !

Actuellement, je travaille sur deux projets parallèles. L’écriture de mon quatrième roman, tout d’abord. Il raconte l’histoire d’un homme d’âge mûr qui a la possibilité de remonter vingt ans en arrière pour revivre sa vie, de faire des choix différents de ceux qu’il avait faits initialement, quelles qu’en soient les conséquences… La sortie est prévue à la rentrée. L’autre projet est justement lié à mon congé sabbatique. Il s’agit d’une série que j’ai nommée [6 mois !] et qui réunit des anecdotes de ma vie d’auteur, ma vie de maman, mes astuces d’écriture, etc. Pour l’instant, je l’écris « à chaud », de manière assez spontanée mais il n’est pas impossible que je la publie également en y incorporant des illustrations (de professionnels, je vous rassure !)… A suivre !
Et puis, plus tard, j’aimerais relever un nouveau défi : écrire un scénario pour la télévision ou le cinéma ! Je ne connais pas encore ce domaine mais je suis impatiente de le découvrir. D’ailleurs, si des personnes ont des tuyaux à me donner, je suis preneuse !

– D’ailleurs, si tu pouvais faire adapter l’un de tes romans au cinéma ou à la télévision, lequel choisirais-tu et pourquoi ?

On m’a souvent dit que Le Bon Dieu sans confession était écrit de manière assez cinématographique, qu’on visualisait bien les scènes, les personnages. Mais si je suis honnête, je dirai que j’aimerais tous les voir adaptés à l’écran.
J’ai déjà vécu cette expérience, d’une certaine façon. Il y a deux ans, j’ai écrit une pièce de théâtre « Décollage immédiat » pour la troupe de théâtre dont je faisais partie. Quelques semaines plus tard, j’ai découvert comment mon texte pouvait être interprété, renforcé et embelli par un jeu d’acteur, ce qui décuple sa portée. Et c’est juste magnifique !

– Est-ce que tu aimerais écrire une suite à l’un de tes romans ?

Pour l’instant, j’ai du mal à imaginer une suite à l’un de mes romans. Et puis, j’aime tellement rencontrer de nouveaux personnages, créer de nouvelles histoires que je ne l’envisage pas. A moins que mes lecteurs ne me le demandent à cor et à cri… Je suis d’ailleurs très attentive à leurs retours. Et pour les remercier de leur soutien, les personnages de mon prochain roman porteront les prénoms des fans les plus actifs de ma page Facebook !

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