Madame Hemingway, Paula McLain

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D’Hemingway, je n’ai lu que L’Adieu aux armes, présenté à la fois comme l’un des meilleurs romans de guerre et l’un des plus grands romans d’amour. En ce qui concerne la guerre, pas de souci, mais je suis complètement passée à côté de l’histoire d’amour entre Frédéric Henry et son infirmière… Frédéric (ou Ernest ?) est un personnage que je n’ai pas compris, dont le comportement m’a même dérangée. En même temps, il faut le replacer, lui et son caractère, dans un contexte bien particulier. Je lui redonnerai peut-être une chance, surtout que depuis je me suis beaucoup intéressée à la vie d’Ernest Hemingway, ce “personnage” aussi détestable que fascinant. Mais trêve de digression, ce billet ayant pour but de parler de Madame Hemingway, un roman consacré à la première épouse de l’écrivain (qui en aura quatre, quittant à chaque fois l’une pour l’autre…)

Le résumé

Chicago, octobre 1920. Hadley Richardson a 28 ans et débarque du Missouri lorsqu’elle fait la connaissance d’un jeune homme de 20 ans, revenu blessé de la Grande Guerre, Ernest Hemingway. Après un mariage éclair, ils embarquent pour la France et se retrouvent à Paris au cœur d’une « génération perdue » d’écrivains anglo-saxons expatriés – Gertrud Stein, Ezra Pound, James Joyce, Scott Fitzgerald… Rive gauche, entre l’alcool et la cocaïne, la guerre des ego, les couples qui se font et se défont et la beauté des femmes, Ernest travaille à son premier roman : Le soleil se lève aussi, qui lui apportera consécration et argent. Mais à quel prix ? Hadley saura-t-elle répondre aux exigences et aux excès de son écrivain de mari ? Pourra-t-elle rester sa muse, sa complice, son épouse ?

Mon avis

Pas facile de vivre dans l’ombre d’un géant, même en devenir… même quand on s’appelle Hadley Richardson, que l’on est éperdue d’amour, conciliante, compréhensive… Un roc où s’accrocher pendant la tempête, un soutien de chaque instant pour l’artiste torturé qui cherche à laisser son empreinte dans l’histoire de la littérature.

L’auteur présente une fiction et pourtant, les éléments biographiques et les descriptions de Chicago, Paris, Pampelune rendent ce récit bien réel et presque véridique. La relation entre Hadley et Ernest est incroyable, c’est une histoire d’amour aussi furieuse que leur envie de vivre ou leur peur de mourir. On sent les cicatrices invisibles que la guerre leur a infligés, et les conséquences sur le quotidien des artistes de la génération perdue. On les croise d’ailleurs, ces Gertrude Stein, Ezra Pound, Scott et Zelda Fitzgerald…  Des personnages secondaires de choix !

Dans ce cercle d’amis essentiellement composé d’artistes, Hadley n’est que “la femme de”, avant de se rendre compte de sa valeur, de sa force qui va se révéler ou plutôt s’imposer à elle, au fil des événements. Et puis, dès le départ, on sait qu’elle va souffrir à cause d’une autre femme, mais c’est avec beaucoup de sensibilité et de pudeur que Paula McLain raconte cet épisode, de la découverte de la trahison à l’ultime affront, avant de parvenir à la renaissance.

On a du mal à croire que leur mariage n’aura finalement duré que quelques années, tant il a été riche, heureux et chaotique… C’est ce que raconte ce roman, qui nous emporte dans le tourbillon des années 20, entre jazz, absinthe… et amour aussi : un amour qui aura permis à Ernest de devenir Hemingway.

Un grand merci au Livre de Poche pour ce roman qui est mon premier coup de cœur de l’année !

 

Madame Hemingway, de Paula McLain, Le Livre de Poche, 504 pages, 7,60 €.

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